21 novembre 2008

La guerre d’Espagne est-elle terminée ?

9782213637181.jpgFaut-il juger la dictature franquiste pour ses crimes plus de trente ans après la mort du « Caudillo » et une transition démocratique exemplaire ?

Le juge espagnol Baltasar Garzon est devenu mondialement connu le 16 octobre 1998 en demandant l’extradition de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet alors en visite privée à Londres. Au nom de la compétence universelle de la justice espagnole en matière de crimes contre l’humanité, Baltasar Garzon voulait faire juger le général à Madrid. Assigné pendant 503 jours à résidence par les autorités britanniques, Pinochet, décédé en décembre 2006, fut finalement autorisé à regagner le Chili pour raison de santé.

Dix ans jour pour jour après son coup d’éclat, le médiatique magistrat a lancé une nouvelle instruction répondant aux demandes d’associations de familles de victimes républicaines pour que la justice espagnole enquête sur la disparition de proches durant la guerre civile (1936-39) et la dictature franquiste (1939-75), en localisant les corps et éclaircissant les circonstances de leur mort.

Cette démarche a été bloquée le vendredi 7 novembre par la justice le temps qu’elle se prononce sur le bien-fondé juridique de cette enquête sur les « crimes contre l’humanité » du franquisme, mais nul doute que le débat et les polémiques vont faire rage dans les semaines à venir. Plus de trente ans après la loi d’amnistie et l’exemplaire transition démocratique qui vit les Espagnols porter au pouvoir le socialiste Felipe Gonzalez sept ans à peine après la mort de Franco, l’Espagne a-t-elle réellement intérêt à ressusciter les fantômes et les crimes de la guerre civile ? Si elle répond oui, elle devra rendre justice à toutes les victimes. Sans exception... (suite)

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