15.12.2008

Les cordonniers ne craignent pas la crise

c.jpgConsommation. De plus en plus de réparation de chaussures et de vêtements.

« Ce matin, un client est arrivé pour faire réparer les talons de trois paires de chaussures. Mais il a finalement repris une paire parce que ça lui faisait trop cher. » Pour ceux qui l'ignoreraient encore, la crise est là et bien là. Après des années d'achats impulsifs, le consommateur a fait ses comptes. Le rouge est mis dans le budget des familles, et pour échapper aux découverts, faire durer l'existant est devenu la nouvelle vertu cardinale de l'économie domestique. Restés longtemps les plus mal chaussés de la croissance, les cordonniers sont les premiers bénéficiaires de la récession. Depuis son atelier musée de la chaussure de la rue Matabiau, Eric observe froidement la situation : « Je travaille avec des chausseurs du centre ville. Et ils me disent qu'ils vendent nettement moins. Pour moi, c'est un peu l'inverse. Avec la crise, les gens préfèrent mettre 60 euros dans une réparation plutôt que de dépenser 120 euros dans une paire de chaussures neuves. »

A « La Cordonnerie » rue des Lois, les délais d'attente pour une réparation sont passés de trois jours à une semaine. Et le cordonnier est de plus en plus sollicité pour réparer des souliers qui autrefois auraient fini à la poubelle. « Avant je réparais des chaussures qui avaient une certaine valeur. Maintenant, je vois de tout, et notamment des chaussures bas de gamme que les gens ne faisaient pas réparer il y a encore quelques mois. Depuis début septembre je travaille nettement plus. »... (suite)