20.03.2008

Descente chez les islamistes

496999957.jpgL' intervention américaine en Irak a commencé il y a tout juste cinq ans. Et son onde de choc n'en finit pas de se propager. Loin du bourbier de Bagdad et de ses attentats-suicides quotidiens, c'est toujours en Europe et singulièrement dans les cités françaises que les djihadistes recrutent les candidats à la guerre sainte. Les sept suspects interpellés mardi à Carcassonne et Toulouse par les policiers de la division antiterroriste (DNAT) sont les derniers d'une liste qui ne cesse de s'allonger. En février 2007 déjà, six personnes avaient été mises en examen. La première véritable filière de recrutement démantelée en région toulousaine. En octobre dernier, c'est dans le quartier Montaudran et dans le Lot que la DNAT avait procédé à un nouveau coup de filet, soldé par l'incarcération d'un présumé « formateur ». Jouant sur la paupérisation et le repli communautaire au cœur de populations ghettoïsées, les islamistes jouent clairement la carte de la radicalisation confessionnelle pour enrôler et conditionner des jeunes désocialisés. Le temps est loin où SOS Racisme fédérait les colères et les aspirations des jeunes beurs de banlieues. Foin de laïcité, les gamins se reconnaissent aujourd'hui plus volontiers dans des organisations religieuses islamiques explicitement communautaristes et fondamentalistes, comme l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF, liée à l'organisation islamiste internationale des Frères musulmans) ou l'Union des Jeunes Musulmans. D'autres prédicateurs autoproclamés n'ont plus qu'à souffler sur les braises du mécontentement et du sentiment d'injustice pour que les mots, au bout du compte, se transforment en bombes. Et un aller simple pour l'enfer. Le procès qui s'est ouvert hier à Paris est éloquent. L'histoire de trois potes des Buttes-Chaumont morts loin de chez eux, en un dérisoire combat... (suite)

25.10.2007

Terrorisme. Djihad: qui sont-ils?

4900408b3a61719b0b81d9930efe221f.jpgQui sont ces volontaires toulousains au djihad, prêts à aller combattre dans la mouvance d'Al Qaïda en Irak et à y sacrifier leur vie ? Hier matin, à l'aéroport de Roissy, à son arrivée d'un vol en provenance de l'Asie, un septième homme a été interpellé par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire dans le cadre du coup de filet contre la filière toulousaine qui a débuté mardi (notre édition d'hier).

En février, un Toulousain et un Albigeois, expulsés de Syrie où ils ont été arrêtés en route vers l'Irak, ont été écroués. Deux autres jeunes Toulousains, candidats présumés au combat, aussi. Le « prédicateur », basé en Ariège, a lui été placé sous contrôle judiciaire. Depuis cette date, les services de police remontent les maillons de cette chaîne qui trouve son origine dans la Ville rose.

Cette semaine, avec cette seconde vague d'interpellations, ils s'intéressent à un habitant du quartier Montaudran. Cet homme âgé de 30 ans, d'origine marocaine, qui vit avec une femme et ses deux enfants, est soupçonné d'avoir formé au combat rapproché les futurs djihadistes... (suite)

24.10.2007

Al Qaïda: la filière toulousaine démantelée

fba294135a0a6a7d005321ddbd4e73eb.jpgÀ des milliers de kilomètres du chaos irakien et de ses attentats meurtriers, Toulouse est-elle devenue une discrète base arrière pour les volontaires au Djihad ? Huit mois après le spectaculaire coup de filet contre une cellule de recrutement d'Al Qaïda, les services de police spécialisés dans la lutte antiterroriste sont revenus, hier, dans la Ville rose et en Midi-Pyrénées où ils ont mené une nouvelle série d'interpellations. Simultanément, à 6 heures du matin, trois hommes ont été arrêtés à Toulouse et Colomiers ainsi que deux autres à Capdenac-le-Haut, un village lotois proche de Figeac. Une sixième personne a été arrêtée dans l'après-midi dans la région toulousaine. Ces six hommes ont aussitôt été placés en garde à vue et conduits dans les locaux du Service régional de police judiciaire de Toulouse.

Dans le quartier Montaudran, à Toulouse, le soleil était loin d'être levé lorsqu'une dizaine de policiers pénétréent dans un paisible ensemble résidentiel, un collectif fait de petites tours proprettes plantées dans un espace vert, entre la route de Revel et la voie ferrée. Rien ne distinguait ces voitures banalisées des autres, si ce n'étaient leurs occupants encagoulés et entièrement vêtus de noir. Les hommes de la Brec (Brigade régionale d'enquêtes et de coordination de la PJ) se sont hissés jusqu'au sixième et dernier étage d'une de ces tours où ils ont interpellé en douceur l'un de leurs principaux objectifs : un homme de 30 ans, d'origine marocaine, qui vit là avec sa compagne et deux enfants... (suite)