02.06.2008

Colomiers. Mosquée : l'heure du déballage…

2129735509.jpgLe procureur Michel Valet a confirmé hier lors d'une conférence de presse la mise en examen de cinq suspects dans l'incendie de la mosquée de Colomiers (nos éditions précédentes). Le magistrat a parlé de conviction d'extrême droite « partagée ». « Pas d'idéologie… Ce n'est pas aussi construit », a estimé Michel Valet. Une façon polie de dire que les individus arrêtés mardi matin, et notamment les cinq qui ont été présentés et mis en examen par le juge Philippe Colson ne brillent pas par leur capacité de raisonnement.

Et lors de leurs auditions par le magistrat, « ça a ressemblé à un jeu de massacre », glisse un avocat. Chacun des mis en cause se rejetant la responsabilité des actes connus (incendie de la mosquée de Colomiers et d'un kebab de Toulouse) et évoquant d'autres faits. Des déclarations prises avec beaucoup de prudence par les enquêteurs. Le procureur n'a pas caché qu'il restait du travail. « Il faut creuser. Voir si ce groupe était vraiment structuré, voir aussi son éventuelle étendue… » Les personnes arrêtées vivaient dans l'Aude, le Tarn et la Haute-Garonne, du côté de Castanet. Et le magistrat n'a pas caché de possibles suites, voir d'autres arrestations.

Côté politique, outre la présence du principal suspect : un homme de 27 ans, sur la liste Front National aux municipales de Carcassonne. Ce livreur serait également un « habitué » du Département protection sécurité, ou DPS, du FN. Un service d'ordre habitué aux interventions musclées. Et un deuxième suspect aurait également collaboré à ce service très particulier. Côté FN, la nouvelle étonne. « En Haute-Garonne, le DPS est squelettique. Une dizaine de membres », prévient Philippe Riey, responsable départemental du parti de Jean-Marie Le Pen. Un responsable qui condamne l'incendie de la mosquée. « C'est une chose de défendre ses idées et une autre d'aller à l'encontre de la loi. Nous ne sommes pas des révolutionnaires », affirme Philippe Riey.

Un observateur de ces milieux souligne que le DPS fait parfois appel à des intérimaires. Est-ce le cas des deux suspects interpellés ? L'enquête devra le démontrer même si la proximité entre les interpellés et le parti d'extrême droite est aujourd'hui difficilement contestable.

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12.03.2008

FN : aucune consigne de vote

725664714.gifA Toulouse comme dans les autres villes du département, le Front national ne donne aucune consigne de vote à ses électeurs : « Nous pensons qu'il n'y a aucune raison de voter pour des candidats qui se disent de droite, comme Jean-Luc Moudenc qui prend des gens de gauche sur sa liste et mène une politique de gauche. C'est une attitude malhonnête ! Entre Moudenc et Cohen, c'est bonnet rose et rose bonnet. Le FN continue à ne pas appeler à voter pour ces listes crypto-gauchistes », explique le secrétaire départemental du FN, Philippe Riey. Le FN ne présentait pas de liste à Toulouse. En revanche, treize candidats du parti de Jean-Marie Le Pen participaient aux élections cantonales. Le meilleur score a été obtenu par Nadine Voloscenko sur le canton de Salies-du-Salat (13 %). « Nous retrouvons en Haute-Garonne notre niveau historique, se félicite Philippe Riey, lui-même candidat sur le canton de Toulouse XV (6,91 % des suffrages). On assiste à une stabilité retrouvée. On double nos scores par rapport aux dernières législatives avec un phénomène traditionnel : plus on s'éloigne de Toulouse et meilleurs sont nos scores ».

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29.02.2008

Toulouse. Au FN,« la liste Moudenc, on s'en fout »

1061813189.jpgLe Front national ne présentera aucune liste sur Toulouse pour les élections municipales. « Une absence suspecte », selon Lionel Jospin. « Un appel du pied de Jean-Luc Moudenc à l'extrême-droite », pour Pierre Cohen (PS). Philippe Riey, qui aurait mené la liste du FN à Toulouse, se justifie. Entretien.

Le FN n'avait-il pas les moyens de présenter une liste dans la quatrième ville de France ?

D'un point de vue financier, il n'y avait pas de problème. Si on n'avait pas atteint les 5 %, le FN nous aurait remboursé le matériel de campagne, que l'on avait évalué à 25 000€. Pour la liste, c'était une autre histoire. J'avais tapé dans ceux qui étaient déjà candidats en 2001, des militants du FN, mais aussi du MNR. Avec les nouveaux militants, on était arrivé à constituer une liste. Le problème est venu de trois femmes, peut-être déstabilisées par leur entourage, qui se sont désistées au dernier moment. Comme nous n'avions prévu personne pour les remplacer, nous n'avons pas eu le temps de trouver quelqu'un d'autre.

La gauche vous soupçonne d'avoir voulu avantager Jean-Luc Moudenc…

Pas du tout et pour tout vous dire, la liste Moudenc on s'en fout comme de l'an 40. En plus il a placé en deuxième position une écologiste, deux anciens socialistes, comme Mme Benayoun qui fait une fixation sur nous, ou des gens de l'ancienne UDF qui ont offert la région à la gauche en 1998. Et puis je vais vous dire, chez nous, cette liste « bling bling », elle ne plaît pas du tout. Pour nous, Moudenc, Cohen, c'est bonnet rose et rose bonnet.

Donnerez-vous des consignes de vote ?

Non, on laisse nos électeurs libres de leur choix. Personnellement, je ne voterai ni pour Moudenc, ni pour Cohen. Franchement je ne vois pas pourquoi on favoriserait quelqu'un comme Moudenc. C'est l'UMP, qui s'allie avec le PS pour faire un front républicain contre nos candidats. Cohen et Moudenc, c'est l'UMPS, un seul et unique parti.

Selon vous, qui a les meilleures chances de l'emporter ?

Avec toutes ses listes à gauche, Cohen a peu de chances de passer dès le premier tour. Mais je crois que Cohen gagnera l'élection. L'effet Baudis a disparu et puis Moudenc n'a jamais été élu.

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